Aperçu de l’histoire de Saint-Vincent

La rupture du plateau calcaire par la vallée de la Dordogne engendre à Saint-Vincent un site exposé au sud présentant, vallons, falaises et abris qui s’ouvrent sur une plaine alluviale fertile bordée par la rivière. Un ensemble de sources irrigue cette terre. Nul doute que ce site parfait et abrité n’ait accueilli dès l’origine les premières communautés, d’ailleurs, quelques traces en attestent.

Le site est donc habité et cultivé de très longue date, son caractère agricole persiste depuis les origines.

La période Gallo-Romaine, voit l’établissement d’une importante villa qui occupait l’ouest de la plaine approximativement du pied de colline au niveau de la vieille église jusqu’aux rives de la Dordogne au lieu dit Coustaty.

D’autres établissements gallo romains profitaient à cette époque du site et des sources comme celui de Larit. On dit qu’un aqueduc aurait relié la source d’Aigue vive à la villa de Coustaty. Les vestiges de cet ouvrage sont peut-être à l’origine d’un légendaire souterrain sensé relier les châteaux de Panassou et Monrecours.

A Larit, une voie que l’on a coutume d’appeler  « romaine », relie le plateau à la plaine elle desservait sans doute les villas de Coustaty et Larit, puis via un gué naturel toujours visible conduisait à Allas les mines ou un pressoir gallo-romain, encore visible atteste de la présence d’une activité viticole vers le IV siècle. La viticulture a donné son nom à Saint-Vincent (patron des vignerons) elle perdure encore ça et là.

La chrétienté se répand dans l’empire romain. Des lieux dédiés à ce culte sont alors bâtis ou prennent la place de sanctuaires préexistants, là est peut être l’origine de la vieille église.

L’occupation du site se poursuit, une nécropole mérovingienne dont de nombreux sarcophages témoignent se développe, signe d’une importante occupation à cette époque.

Le cimetière de Saint-Vincent occupe toujours cet emplacement et Jusqu’au 19é siècle la vieille église sera le seul lieu de culte de Saint-Vincent.

Le village lui se développe plus à l’est, autour de la source d’Ayguevive, plus à l’écart de la rivière et du risque qu’elle représente notamment lors des invasions Normandes qui au 9é siècle sont remontées bien au-delà de Saint-Vincent.

Ce regroupement suivant une ligne allant de Larit au Pech est aujourd’hui la localisation principale de notre village.

La trace la plus ancienne que nous ayons du nom Saint-Vincent remonte à 1365.

La paroisse de sanctus Vincentius de Cossa dépendait alors de l’abbaye de Cadouin .

Au moyen-âge, Saint-Vincent est sous la protection du seigneur de Beynac, le village subira la guerre de 100 ans et particulièrement les luttes avec Castelnaud qui tenait l’autre rive.

Le territoire connut plus tard les troubles des guerres de religion qui ont marqué la région.

L’histoire s’écoule donc ici amenant au fil du temps une alternance de périodes calmes et mouvementées suivant en marge la grande histoire de la France.

La population comme partout dans le royaume est sous protection de plusieurs seigneurs (propriétaires des terres) et de ce fait soumise a de nombreux impôts ou fermages.

Saint-Vincent constitue une petite communauté vivant d’une activité essentiellement agricole, faite de polyculture de cueillette et d’élevage. Les pratiques agricoles vivrières sont stables les travaux d’adaptation du site à ces cultures oblige la construction de très nombreux murs retenant les terres. Le village présente encore en de multiples traces de cette activité immuable jusqu’à un passé proche.

A la révolution la paroisse devient propriété de la commune de Saint-Vincent de Cosse.

Le paysan devient aussi alors propriétaire de ses terres.

La répartition des cultures est organisée selon la qualité des terres et l’exigence des productions. La plaine aux céréales et cultures maraîchères, les coteaux et leurs contreforts en vigne, les vallons humides consacrés au chanvre pour les cordages et ficelles, les espaces moins favorables a la culture sont dédiés à l’élevage, les délaissés aux bois.

La présence de la rivière, et la batellerie permettent le commerce et le développement de la connaissance.

Le vin et le bois sont les principales marchandises transportées ils partent vers Bordeaux. Le vignoble est réputé et jusqu’au 19ème siècle, le vin sera la première ressource de Saint-Vincent.

Vers 1870, le Phylloxéra apparaît, 10 ans plus tard le vignoble est entièrement détruit il reste moins de 10% des vignes, la production viticole ne se relèvera jamais de ce fléau.

Une partie de la population qui vivait de cette activité quitte le village pour aller travailler vers Bordeaux, ou se reconvertit dans d’autres cultures, notamment le tabac. D’où l’apparition de séchoirs qui constituent des éléments identitaires de notre paysage.

Au 19ème siècle le chemin de fer met fin à la batellerie, il modifie la physionomie de notre village.

Sa présence apportera à Saint-Vincent sa première activité industrielle sous la forme d’une usine de plaquettes de charbon destinée aux locomotives.

La route elle aussi sera responsable de transformations importantes.

A l’origine, une voie charretière suivait le pied de la colline reliant les villages sans empiéter sur les bonnes terres agricoles. D’autres chemins au gabarit muletier ou piéton reliaient les différents lieux dits. Les transports importants eux prenaient la voie de la rivière.

La grande route, elle, sera moins respectueuse elle coupera la plaine évitant la pente mais négligeant les terres.

Comme dans tous les territoires ruraux la grande saignée de la guerre de 1914 / 1918 enlève a Saint-Vincent un grand nombre de ses enfants. L’activité sociale et agricole traditionnelle en sera fortement perturbée. Le manque de main d’œuvre fait que nombre de terrains et certaines exploitations seront abandonnés. Les coteaux retournent petit à petit à la forêt.

La seconde guerre mondiale suit, apportant elle aussi de nouvelles perturbations dans la vie locale. Après guerre l’économie globalisée et la modification du marché agricole desservent les petites exploitations qui font la vie de Saint-Vincent. Leur nombre et leur rentabilité réduits, le travail est en ville, l’exode rural continue de vider les hameaux, de nombreux chemins se ferment.

Il faudra attendre le développement du tourisme pour que certains lieux retrouvent de la vie.

Dans le même temps l’électricité se développe ainsi que la distribution l’eau.

De nos jours peu d’agriculteurs sont encore en activité, leurs terres sont en grande partie cultivées par des entreprises agricoles. Le terroir s’uniformise et perd un peu de ses particularités.

Le tourisme est une ressource non négligeable pour la commune.

Aujourd’hui le noyer se développe et une nouvelle modification de notre paysage est en cours.

Malgré ces évolutions, Saint-Vincent a su néanmoins garder son caractère rural, toujours attaché à sa source, protégeant ses terres et les ressources futures qu’elles représentent.